TAÏRO

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Le 04/03/2023 à l’Espace Malraux – Six-Fours-les-Plages (83).

Comme je l’ai déjà dit, pour moi Taïro c’est le reggaeman français de référence car sa carrière dure. Il creuse son sillon avec une maîtrise sans cesse approfondie et une inspiration sans cesse renouvelée et actualisée, que ce soit au niveau de la couleur musicale ou de l’inspiration qu’il trouve autour de nous, dans ce monde en perpétuelle évolution. Son public aussi grandit avec lui, tout en se renouvelant vers la jeunesse toujours ouverte à sa prose malgré les années qui passent, ici, sans se ressembler. Ce qui marque quand on le voit sur scène, c’est la diversité de son public, en genre comme en âge, car je pense que ce qu’il écrit et chante propose plusieurs niveaux de lecture dans lesquels, chacun, en fonction de sa condition, vient chercher ce qui le pousse à avancer dans sa propre direction. Ce qu’il sait aussi créer, c’est l’intimité qu’il partage avec les gens, qui, comme moi, le suivent depuis des années, lui qui sait décrire et partager ses états intérieurs mais aussi sa vision du monde comme personne. Taïro sait mettre en scène sa personnalité faite de rébellion, de sensibilité, de sensualité et ses concerts sont vraiment étonnants car on a l’impression que chaque spectateur le connaît, que certains de ses titres sont en même temps des hymnes musicaux et des guides de développement personnel et spirituel que chacun connaît et entonne à l’envi.

A chaque fois, on a l’impression de rencontrer un vieil ami qui a toujours de nouvelles aventures à raconter, un repère comme on en a tous dans notre entourage, une personne qui nous éclaire à chaque fois sans toutefois trahir les qualités qu’on trouve en lui et qui rendent délectable chaque instant passé en sa compagnie. Samedi dernier, à l’Espace Malraux de Six Fours, il était à nouveau là. J’aurai pu écrire encore, car c’est un habitué des lieux. Partout où il passe, Taïro sème des graines et revient, mais cette fois-ci, il présentait un nouveau set, mélange de classiques devenus des standards et de nouveaux titres issus de son dernier album “360 Part 1 & 2”. Taïro décrit toujours le monde tel qu’il est, sans que son engagement à le faire changer ne semble s’émousser album après album, tournée après tournée. Entouré de son fidèle Family band auquel s’est joint un guitariste que j’aime beaucoup, Kubix et de ses deux choristes qu’on a même l’impression d’avoir vu grandir. Le band était consistant, le son moderne, les couleurs musicales variées et Taïro toujours présent, toujours ouvert et parfait dans son rôle de showman aussi dynamique et habité que sensible. C’est d’ailleurs le seul bonobo sociologue que je connaisse. Toujours dansante et impactante, sa musique nous agite le corps en rythme, mais nous secoue aussi l’esprit car ses suppliques sentimentales ou sociétales parcourent encore notre esprit des jours après.

Une magnifique soirée, un voyage en pays familier, aussi familier que la terre de nos ancêtres. Celle qu’on aime chaque année retrouver, mais qui jamais ne nous lasse car notre maturité nous pousse à sans cesse renouveler notre angle de vue pour en magnifier les beautés.

Emmanuel Truchet

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