SYNA AWEL –ANTONIO FARAO

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#NVmagLiveReport

Le 18/05/22 au Stockfish – Nice (06)

Plus le moindre siège de libre dans la plus petite des grandes salles, le « Stockfish », Cité de l’étudiant à Nice, quand la chanteuse Syna Awel et son groupe prennent place. Une nouvelle formation, Béatrice Aluni au piano (et aux chœurs), Jean Luc Danna à la basse et Alain Ruard aux percussions. Le répertoire a évolué, de nouvelles compositions et d’autres réorchestrées pour cet ensemble 100% berbère et… niçois. La voix, comme le piano, est envoûtante. Assis sur un cajon, Alain Ruard fait sonner sa derbouka comme s’il était dans les collines de Kabylie, sous le regard malicieux de Mr Danna qui frétille avec sa basse électrique tout en se lançant dans des parties vocales que lui seul peut exécuter, aussi percussives que mélodiques. Une première partie trop courte, Syna Awel n’aura pas le temps de nous raconter ce que disent ses chansons (peu d’entre nous parle le berbère hélas). Mais nous en aurons une chantée en arabe, en signe de fraternité puis le plus beau moment du set, Yemma Gouraya, dédiée à la montagne de Kabylie qui porte ce nom qui signifie « la mère protectrice ».

Pendant l’entracte, l’équipe technique rajoute un rang de sièges au premier rang pour les amateurs arrivés tardivement.
Antonio Faraò et son nouveau trio s’installent. Le russe Yuri Goloubev à la contrebasse et le serbe Vladimir Kostadinovic à la batterie. Au programme quelques titres puisés dans le large répertoire du pianiste. Pas de temps mort, les mains d’Antonio volent littéralement sur le clavier du demi-queue. Du hard Bop qui swingue, du jazz qui fait du bien. Faraò laisse beaucoup de place à ses compagnons de scène qui font plus que simplement l’accompagner. Un vieux thème qui date de l’époque où le pianiste jouait avec Bob Berg suivit de compositions plus récentes. Un long moment avant que les mains quittent le piano pour prendre le micro. Il nous dit quelques mots sur les morceaux qu’ils ont et qu’ils vont jouer. Sobre, en anglais mais avec ce merveilleux accent italien. Il dédie la prochaine chanson à tous les enfants du monde et particulièrement à ceux qui souffrent. Le batteur lâche les baguettes pour frapper à mains nues sur la caisse claire. La fin du concert arrive trop vite. Heureusement, Antonio a une surprise pour le rappel. Tout d’abord un de ses amis saxophoniste est dans la salle (avec son ténor). Tony Lakatos vient rejoindre le trio pour un fort belle Impressions de Coltrane. Peut-on rêver mieux comme final ?  Oui, car le groupe a un deuxième invité en la personne de Dominique Faraò, le fils qui s’installe à la batterie après un rapide changement de coté de la Charley et de la caisse claire. Un blues lent pour le quel, Frederica Randrianome retrouve son micro mais cette fois pour une belle impro.
Comme ils ne pouvait nous laisser sur un blues, encore un titre, un thème du pianiste sur lequel le jeune batteur nous montre son déjà grand talent.
La dernière Nice Jazz Festival Sessions du printemps est une véritable fête!

Jacques Lerognon

 

 

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