SAINT JAZZ CAP FERRAT (JOUR 1)

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Le 10/08/2023 au Jardin de la Paix – St-Jean-Cap-Ferrat (06).

En arrivant dans le jardin de la Paix, on découvre, sur la droite face à la mer, une toile, fond orange avec un personnage que l’on commence à distinguer. Le Street Artist niçois Otom devient pour un soir un Garden Artist. Une live performance, il va réaliser pendant la soirée, un portrait de Django Reinhardt, décédé il y a 70 ans.

C’est un trio inédit qui ouvre ce 11e festival Saint Jazz Cap Ferrat. « Michel On My Mind » de Laurent Coulondre avec le bassiste Thomas Bramerie (qui a rejoint le projet 48h auparavant) et le batteur Ruy Adrián Lopez Nussa (qui remplace André Ceccarelli souffrant). Le pianiste rend hommage à Michel Petrucciani en revisitant quelques thèmes. Il commence par « Colors » emblématique du répertoire de Petrucciani et enchaine avec « Looking Up », symbole de son humour. Petrucciani qui mesurait moins d’un mètre, regardait donc tout le monde en levant la tête!  Ils jouent aussi quelques compositions du leader dont le « Michel On My Mind » éponyme et surtout une version très cubano de « Laura » où, magie de l’endroit, le ressac de la mer joue avec les balais de Lopez Nussa. « Quand on est un trio, on a le droit de faire des duos » nous dit le piansite et ils en font donc deux. Tout d’abord « Rachid » avec une magnifique intro de Thomas Bramerie puis, façon fiesta cubaine, un duo piano-cajon. Pour finir le set, « Brazilian Like », introduit par un long et très nerveux solo de batterie, enflamme le public du jardin de la paix. Pas de rappel, il est déjà tard. Déjà les techniciens s’affairent pour préparer le nouveau plateau du second trio.

Celui de Biréli Lagrène accompagné de Raphaël Pannier à la batterie et William Brunard à la contrebasse. Le guitariste commence en tempo moyen comme pour se chauffer les doigts et pourtant cela va déjà vite sur le manche de sa Stephen Hahl Signature. Peut-être un « Dona Lee » de Parker mais Lagrène est fort peu disert entre les morceaux. C’est avec une version très personnelle du standard « Body And Soul » que le set s’anime vraiment, il s’amuse avec une petite citation de la musique du parrain et enchaîne les thèmes en laissant quelques belles parties solos à ses compagnons de scène. Raphaël Pannier très discret au début, fortifie son jeu. William Brunard bouscule sa contrebasse regardant avec intensité tour à tour, à droite puis à gauche ses deux collègues. Le temps passe vite à l’écoute de ces musiciens, ça chauffe sur scène mais le temps fraichit et l’heure du rappel arrive. Biréli revient avec sa guitare pour un long moment en solo: classe et virtuosité. De nouveau à trois, ils finissent par « Isn’t She Lovely », le tube de Stevie Wonder, un classique du répertoire de Lagrène qui fait lever tout le monde. Pratique pour rejoindre nos véhicules.
Sur la droite le tableau est fini. Django nous regarde et Otom sourit.

Jacques Lerognon

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