MARION RAMPAL 

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Le 31/01/2024 au Théâtre de l’Œuvre – Marseille (13).

Marseille, mercredi soir. Une foule conséquente s’amasse dans l’entrée/bar du chaleureux Théâtre de l’Œuvre, caché dans une ruelle de Belsunce. Au programme, la première des deux soirées de concerts intimistes organisées autour de la sortie du dernier album de la chanteuse marseillaise Marion Rampal – “Oizel”. Composé avec la complicité de Matthis Pascaud, à la guitare ce soir-là, l’opus est une ode à la douceur, à la précision, à la rêverie. Accompagnée également par la batterie de Raphaël Chassin et la contrebasse de Simon Tailleu, Marion Rampal entre en scène, dans  une ambiance tamisée digne d’un piano bar d’un autre temps, enfumé, capitonné. Ce genre de lieu où l’on a la sensation d’assister à quelque chose d’unique, de cramponné au présent. Il y a de ça, ce soir-là. Le public, assis dans ce petit théâtre complet au look rétro, entre dans un silence religieux dès la première note. L’artiste, heureuse de présenter le fruit de son travail à Marseille, sa ville d’origine, se tient au milieu de ce décorum onirique, tout de “noir jazz” vêtue, deux grandes boucles dorées éclairant son visage. 

“Oizel” est digne d’un conte, où les histoires de cœur, de vie, de peine et d’envies sont écrites à l’encre métaphorique. La thématique de l’oiseau comme ligne directrice des textes oniriques est portée par la voix tantôt cristalline, vibrante ou feutrée de l’artiste, qui maîtrise son instrument à la perfection. La retenue de cette voix, que l’on devine profonde et puissante, offre toute la nuance nécessaire à la poésie de sa musique, à mi-chemin entre la chanson et le jazz. Très talentueux, le trio de musiciens entre en communion avec cette voix, emporte le texte dans des envolées harmoniques et rythmiques hors du temps. S’inventant parfois son vocabulaire, comme dans “Gare-où-va” ou “Coulemonde”, Marion Rampal déclare son amour aux mots, qui semblent lui permettre d’entrer dans les méandres d’un son esprit voyageur, en quête de liberté, et d’en ressortir chargée d’histoires. En guise de rappel, une époustouflante et cathartique version du “Pendant que les champs brûlent”, de Niagara. Marion Rampal, magicienne, arrive alors à nous donner l’impression d’entendre ce texte poignant pour la première fois, nous laissant par là même engourdis et émus, dans une agréable sensation cotonneuse. 

Lucie Ponthieux Bertram 

marionrampal.com

Photo : Léa Esposito.

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