JAZZ à JUNAS – vendredi

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#NVmagLive Report

Le 21/07/23 – place de l’Avenir & Carrières du Bon Temps – Junas (30)

18h, traditionnel début de soirée sur la place de l’Avenir avec le quartet de Basile Rahola. Un concert typique de l’histoire de jazz à Junas et de sa 30e édition. Basile Rahola est né à Junas, il a trainé ses oreilles pendant des années dans les carrières du Bon temps (le festival est gratuit pour les moins de 16 ans nous rappelle Fabrice Manuel, l’un des organisateurs). Il y a découvert le jazz, il a appris à l’aimer et il est devenu contrebassiste. Logique qu’il joue sur cette place, non loin de sa cour d’école. On sent d’ailleurs une certaine émotion, il mettra deux ou trois morceaux avant d’être vraiment détendu. Il est accompagné par Pierre Hurty à la batterie, Matthias Van den Brande au saxophone et de Wajdi Riahi au piano. Un jazz qui fait sa part à la tradition mais montre aussi qu’ils sont de ce siècle. Aux chorus suaves du sax alto répondent des séquences inspirées et souvent énergiques du pianiste. Bassiste et batteur ne se contentent pas de faire le groove, ils nous offrent chacun de très beaux solos. Dans le thème final, une ballade encore sans titre mais dédié à tous ceux qui ne peuvent pas voyager, Wajdi Riahi va jusqu’à siffler la mélodie qu’il joue de la main droite. Quel beau début de soirée qui mérite bien la standing ovation qui précède le rappel.

21h, le quartet du contrebassiste suédois Lars Danielsson et son « Liberetto » avec Magnus Oström à la batterie, Grégory Privat au piano, John Paricelli à la guitare. La musique de Danielsson nous fait voyager jusqu’au désert du Katanga ou dans les rêves de Nikita dans un savant mélange de folk music, d’influences classiques ou plus discrètement rock (la guitare de Paricelli). Le public est vite émerveillé par le toucher et les longues phrases du piano de Grégory Privat, son lyrisme, ses instantanés s’inscrivent totalement dans les images sonores de l’archet du contrebassiste. Magnus Oström enserre ses compères avec sa frappe solide (il n’a rien perdu de son énergie de l’époque E.S.T.). On aimerait que le set dure, dure encore, mais il faut préparer le plateau pour le prochain groupe.

Il est déjà plus de 23h quand le trompettiste Nils Petter Molvaer et sa troupe entre sur scène dans un noir quasi complet. Le groupe avait présenté le projet « Khmer » à Junas en 1999, ils reviennent pour la 30e. Une musique qui oscille entre jazz et électro. Pionnier du Nu-Jazz, Nils Petter Molvaer n’a rien perdu de sa fougue, il est soutenu non pas par un mais par deux batteurs Per Lindvall et Rune Arnesen et un bassiste Audun Erlien. Ça pulse donc malgré les soli aériens du guitariste Eivind Aarset. Sur la droite, DJ Jan Bang et Pâl Nyhus, casque sur la tête, devant leurs platines-samplers contribuent à cette ambiance presque cosmique. Les étoiles dans le ciel des carrières s’en réjouissent.

Jacques Lerognon    

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