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FESTIVAL THIS IS NOT A LOVE SONG 2026

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Découvrez la compte rendu du festival This Is Not A Love Song 2026

Les 05 et 06/06/2026 à Paloma – Nîmes (30).

Après une parenthèse sous l’égide de Beau Weekend, le festival nîmois TINALS reprenait cette année ses habits de lumière et son nom d’origine. Avec une jauge volontairement resserrée à 3 000 âmes par soir et une exigence artistique intacte, ces deux jours ont résonné comme un plaidoyer brûlant pour la scène indépendante internationale. Immergé dans le pit, l’œil rivé au viseur et les tympans soumis à rude épreuve, voici la chronique d’une claque sonore et visuelle magistrale.

Vendredi 05/06 : Messes noires, sueur punk et nostalgie grandiose

Ouvrir le festival avec le duo français Bandit Bandit, c’est s’assurer d’une entrée en matière saturée au possible. À travers l’objectif, le magnétisme du tandem saute aux yeux : riffs acérés, voix entremêlées et une attitude d’une insolence purement rock. Un warm-up idéal sur la scène Flamingo avant de basculer dans une tout autre dimension.

Toutefois, le véritable événement de ce vendredi, gravé en lettres de sang dans l’histoire du festival, restera la reformation historique de 16 Horsepower. Attendu depuis 2005, le trio légendaire de Denver a transformé la Grande Salle de Paloma en un temple de country gothique et mystique. David Eugene Edwards, habité par une ferveur quasi-religieuse, a livré une performance d’une intensité terrifiante. Capter ses expressions à travers l’objectif relevait du défi mystique : chaque regard noir, chaque tension sur sa guitare transpirait une urgence brute. Le public, pétrifié puis exsangue, a assisté à un moment de grâce pure. Pour panser nos plaies, le groove nostalgique et vaporeux des Canadiens de Men I Trust est tombé à point nommé sur la scène extérieure, offrant une pop feutrée et élégante, contrastant magnifiquement avec la pop baroque et l’anarchie mesurée de Black Country, New Road, dont les envolées de cuivres et de violons continuent de redéfinir les contours du post-rock moderne.

Samedi 06/06 : L’anarchie britannique et la fureur des corps

Le second jour a poussé les potards de la radicalité encore un cran plus haut. Les Irlandais de NewDad ont d’abord enveloppé la scène Flamingo d’une dream-pop aux accents cold-wave hautement cinégénique, idéale pour jouer avec les lumières rasantes du début de soirée, mais le calme ne fut que de courte durée.

La tornade est venue du Royaume-Uni avec Fat Dog. Ce groupe est une anomalie biologique, une machine de guerre calibrée pour le live. Mélangeant post-punk, techno lo-fi et délires balkaniques, ils ont littéralement retourné le public. Descendus au milieu de la fosse, ils ont provoqué un chaos d’une rare violence joyeuse. Derrière le boîtier, il fallait jouer des coudes pour protéger le matériel tout en capturant l’instant : des corps en lévitation, de la sueur projetée sous les projecteurs, et une énergie primitive contagieuse.

Jehnny Beth (L’icône absolue) : Impériale, la performeuse française installée à Londres a livré un set d’un minimalisme industriel tranchant. Scrutant la foule, marchant sur les barrières de sécurité, elle offre des clichés d’une puissance plastique rare. Sa rage est millimétrée, son rock est chirurgical.

Meryl Streek & Chalk (L’avenir du punk) : Le post-punk viscéral et vindicatif de Meryl Streek, couplé à la techno-punk abrasive de Chalk, a achevé de transformer cette édition en un manifeste politique et sonore indispensable. Pas de compromis, juste de la sédition sonore.

En revenant à sa formule originelle et intimiste de 3 000 spectateurs, This Is Not A Love Song 2026 prouve que les grands festivals ne se mesurent pas à la taille de leurs affiches publicitaires mais à l’authenticité de leurs secousses. Les artistes étaient formidables, le public passionné, et les cartes mémoires de notre appareil débordent de clichés capturant l’essence même du rock : brut, imprévisible et viscéral. Un millésime historique. 

Brice Bourgois

thisisnotalovesong.fr

📸 Jehnny Beth par Brice Bourgois.

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