Le 21/09/2025 au Grand Auditorium du Palais des Festivals – Cannes (06).
Dimanche soir, le Grand Auditorium du Palais des Festivals connaissait une forte affluence pour un hommage hors norme : la réécriture de l’œuvre de David Bowie pour orchestre symphonique. Créée à l’Opéra de Saint-Étienne en 2018, cette proposition audacieuse fait entrer le répertoire du White Duke dans une nouvelle dimension. Derrière ce projet ambitieux, une idée forte : révéler les chansons de Bowie sous un angle inédit, en les confiant à l’Orchestre National de Cannes. Sans rythmique traditionnelle, les arrangements signés Vincent Artaud ouvrent de vastes horizons harmoniques et redonnent aux mélodies toute leur puissance narrative. Comme le disait Miles Davis, la musique est avant tout une affaire de casting : ici, le choix des interprètes se révèle décisif. Deux voix exceptionnelles incarnent l’univers bowien : Hugh Coltman, élégant et habité, et Krystle Warren, bouleversante de profondeur. À leurs côtés, la trompette de Stéphane Belmondo devait initialement dialoguer avec l’orchestre, mais c’est finalement Frédéric Roudet qui a assuré la relève avec brio en raison d’un souci de santé du maître. Le pianiste Bojan Z complète cette distribution d’exception, sous la direction d’Éric Varion, avec une conception artistique générale signée Ludovic Chazalon et le Rhino Jazz(s) Festival.
De « Space Oddity » à « Ziggy Stardust », de « Ashes to Ashes » à « Let’s Dance », en passant par « Life on Mars » et « Where Are We Now » ou encore « Modern Love », le public a redécouvert un répertoire intemporel, sublimé par l’écrin symphonique. Chaque titre, soigneusement choisi, mêlait influences pop-rock et résonances jazz, révélant toute la richesse visionnaire de Bowie. Cette relecture symphonique n’est pas un simple hommage, mais une véritable réinvention : une manière d’ouvrir encore davantage les frontières musicales de celui qui n’a cessé de les repousser. Une soirée magistrale, à la hauteur de l’héritage du Thin White Duke.
Aurélie Kula










