(Universal)
Eddy Mitchell fait partie de cette génération d’artistes qui s’est imposé très vite à partir des 60’s et est devenu au fil du temps une figure incontournable de la chanson française. Comme il le dit : « « Amigos » porte bien son nom car il a mis autour de la table une bonne partie de mes amis de studio, ceux qui m’accompagnent depuis longtemps et qui sont une famille pour moi aujourd’hui. C’est Alain Artaud à la Production, qui m’a beaucoup aidé pour réunir mes amis, artistes, comme les Souchon, Alain Chamfort, William Sheller, Pascal Obispo Sanseverino, des gens que je connais bien et surtout que j’aime bien ». Seulement voilà, se frotter au répertoire d’un tel monstre sacré n’a pas dû être un exercice facile. Surtout lorsque l’on connaît Monsieur Eddy pour ce don de mettre en bouche et déclamer avec élégance des textes écrits à la mesure de son talent. Ces 12 nouveaux titres s’écoutent agréablement et passent de rock 50s’ à des climats country rock tels « L’aventure n’est jamais loin » ou « En décapotable Pontiac » composé par Alain Souchon et son fils Pierre, sorte de clin d’œil à la Chrysler de la Ballade de Jim. Deux titres qui plantent le décor. Car une fois de plus Eddy Mitchell rend hommage à cette musique américaine qu’il affectionne tant. Comme son nom l’indique « Boogie Bougon » est un boogie swinguant signé lui aussi Souchon père et fils dans lequel « Schmoll » se moque gentiment de lui-même.
En écoutant et réécoutant l’album, deux titres sortent du lot : l’émouvant « Tu es son homme » composé par Pascal Obispo et le sublime « Amoureux » en hommage à sa compagne depuis plus de cinquante ans, certainement le plus beau titre de l’album. Sous la plume de sa femme Muriel Moine, le chanteur salue l’écrivain Jim Harrison dans la ballade bluesy « Big Jim ». Une fois n’est pas coutume, Eddy Mitchell évoque la précarité des musiciens de rue « Le Chanteur du métro » et ironise sur le sale boulot des huissiers à travers le très rock’n’roll « De l’air ». Mention particulière pour le swingant « Travailler » signé Stéphane Sanseverino ainsi que ces deux reprises réussies : « Dans le Ghetto » d’Elvis Presley et « Look What They’ve Done to My Song » de la chanteuse folk Melanie qui avait été un succès de Dalida (1970). Authentique, drôle, généreux, Eddy Mitchell appartient au cercle de ces artisans chanteurs qui vous envoient des décharges de décibels positives sur fond de mots voyageurs qui nous font du bien. Cerise sur le gâteau, on apprend qu’Eddy Mitchell sera en concert cet été entouré d’un big band sous la direction de Michel Gaucher. Qu’on se le dise !
Jean-Christophe Mary









