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JAZZ AUX DECADES

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Le 09/08/2026 au jardin des Décades – Roquefort les Pins (06).

A l’heure où les subventions chutent, où les manifestations sont annulées, voir naitre un nouveau festival de jazz dans une petite commune est rejouissant. Et, quand on pénètre dans ce jardin des Décades parfaitement agencé pour accueillir des concerts : foodtrucks, petits emplacements conviviaux pour échanger et surtout une belle scène, le plaisir est déjà là.

19h, le soleil est encore haut pour le premier des trois concerts, mais le public répond déjà présent. C’est le trio de Benjamin Prischi qui ouvre cette seconde soirée. Sofian El Mabrouk est à la contrebasse et Thierry Chausse à la batterie.  Le pianiste dévoile au public ses compositions. Des tempos lents. Beaucoup d’élégance dans le toucher délicat parfaitement enrobé par les deux rythmiciens. Des musiques que l’on imagine bien écouter dans un club.

Fred Nardin prend ensuite place derrière le piano avec ses friends, Viktor Nyberg (contrebasse) et Romain Saron (batterie), l’habituel trio. Deux de ses amis ont fait le voyage vers Roquefort, le percussionniste cubain Inor Sotolongo et le trompettiste barcelonais Raynald Colomb transforment le trio en quintet. Quelques compositions personnelles pour débuter ainsi que « Nightcall » signé Kavinsky qui fit mouche dans la B.O. de « Drive ». Puis la chanteuse Cécile Brocas rejoint le groupe pour quelques chansons de son récent album. Michel Legrand, Cole Porter et même Thelonious Monk sont au programme – il y a souvent du Monk dans un set de Fred Nardin. Le swing du pianiste, les combinaisons rythmiques audacieuses du batteur et du percussionniste, le voicing énergique du trompettiste enchantent le public.

Mais ce n’est pas fini car un troisième concert nous attend et quel concert : « La Dolce Vita » dernier album de Stefano di Battista. Des chansons italiennes, des musiques de films revisités par le quintet et arrangés par Fred Nardin (qui ne quitte qu’un petit quart d’heure son piano).  

C’est avec « Tu vuò fà l’americano », le tube de Renato Carosone qu’ils commencent. On connait tous la chanson, pas besoin des paroles, la trompette virtuose du jeune sicilien Matteo Cutello et le ténor chantant de di Battista les remplacent magnifiquement. Il en sera de même pour le « Via Con Me » de Paolo Conte très finement revisité par le quintet où le piano prend à contre-courant la version du chanteur d’Asti. Pour le cinéma, Nino Rota est là bien sûr, mais leur version de «La vita e bella », le thème du film de Roberto Benigni, signé  Nicola Piovani, remporte la palme de l’émotion.  Les musiciens s’amusent sur scène, ils prennent plaisir à jouer et les spectateurs à les écouter. Stefano di Battista parle aussi (beaucoup) entre les morceaux, des anecdotes, des blagues et surtout un très bel hommage à André Ceccarelli qui accompagne cette musique avec sa malice et ses balais magiques. Un tel set ne peut finir qu’en apothéose. C’est Ennio Morricone qui se charge de la partition, « Il buono, il brutto, il cattivo ». Le film de Sergio Leone et son thème fameux va permettre au groupe et aux musiciens du set précédent venus les rejoindre de se laisser aller à un remarquable et joyeux final. Stefano et Mateo descendent jouer dans le public. Daniele Sorrentino et Viktor Nyberg s’échangent la contrebasse. Un batteur, deux percussionnistes frappent leurs peaux. Le saxophoniste revient, repart, joue et rejoue le petit riff que les deux trompettes ponctuent. Un régal de tous les instants. Tout le monde (plus de 400 personnes) est debout (sauf le pianiste !). La nuit ne semble pas vouloir finir quand le maire Ewan Corinaldesi et les directeurs artistiques Alban Leloup et Thomas Layrac annoncent que l’édition 2027 aura trois jours. Stefani di Battista, derrière, joue toujours du soprano.  

Jacques Lerognon

#NouvelleVagueLiveReport

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