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SKIP THE USE

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Porté par l’énergie explosive de Mat Bastard, Skip The Use a su, au fil des années, réinventer les codes du genre avec une fusion audacieuse d’électro, de punk et de pop. Entre hymnes fédérateurs et engagement scénique total, plongeons au cœur de leur univers électrique et sans concession.

Le cœur en fil barbelé de la pochette illustre parfaitement le titre « Love & Anxiety ». Ces deux forces sont-elles intrinsèquement liées dans votre processus créatif, ou avez-vous cherché à les séparer physiquement pour mieux les disséquer ?

Elles sont indissociables, fonctionnant comme une balance. Ces deux polarités doivent cohabiter pour maintenir un équilibre, certes mouvant, mais nécessaire. Cette tension régit les rapports humains dans toutes les sphères : le couple, la philosophie, la religion ou la politique. Nous naviguons constamment sur cette bascule pour valider nos concepts ou nos convictions. L’esprit critique, à mon sens, consiste précisément à mesurer les forces en présence de part et d’autre de ce curseur.

Skip The Use possède cette capacité à convertir l’anxiété en un élan fédérateur sur scène. Comment transmettez-vous cette alchimie du studio vers le live pour que le public s’approprie ces émotions parfois pesantes ?

Notre public sait que chaque concert est le fruit d’un travail rigoureux. Nous revisitons systématiquement nos compositions, qu’elles soient issues de cet album ou de notre répertoire passé. Pour « Ghost », par exemple, nous en sommes peut-être à notre sixième mouture. Nous ajoutons des couplets, nous modifions les arrangements pour rester ancrés dans notre époque. L’improvisation occupe également une place centrale ; le concert devient une entité vivante, évoluant chaque soir. Cette interaction est vitale : le public est, en réalité, le septième membre du groupe.

Le titre éponyme, « Anxiety », déroute par sa structure hésitante. Était-ce une volonté délibérée de traduire musicalement le chaos de l’état anxieux, loin des codes pop classiques ?

Absolument. Nous souhaitions mettre en relief le traitement même de l’anxiété. Dans ce morceau, nous cherchons une résolution : les couplets relatent la montée de la crise, tandis que le refrain symbolise le traitement, la libération.

Avec « Take My Hand », l’album bascule vers une lumière plus assumée. Cette transition est-elle une conclusion optimiste ou une nécessité de survie ?

C’est une réflexion très intime. Faire face aux épreuves est plus aisé à plusieurs. La société prône un idéal communautaire, mais la réalité, dans l’intimité, est souvent solitaire. Le collectif véritable, celui qui panse les plaies, se concrétise réellement sur scène, au contact du public.

Vous oscillez entre funk, new wave et rock indé. Comment préservez-vous une identité « feel good » malgré cette diversité stylistique ?

C’est un travail de longue haleine. Sur trente titres initiaux, seuls quatorze ont été retenus. Nous visons l’universalité des thèmes, d’où le choix de l’anglais. Nous explorons toutes les voies de communication, sans jamais abdiquer, même lorsque le processus devient ardu.

L’intégration d’influences hip-hop sur « Bull » marque une confrontation intéressante. Que vous a-t-elle apporté ?

Cette collaboration est née d’une rencontre fortuite. Nous avons réalisé que nos motivations artistiques convergeaient. Rock et rap partagent le même fond ; seule la forme diffère.

« Good Old Days » renoue avec vos fondations rock des années 90. Est-ce un besoin de réaffirmer votre identité face à l’incertitude du futur ?

C’est un hommage à nos racines. Plusieurs morceaux de 2026, bien que stylistiquement variés, portent en eux cet héritage structurel des années 90.

« Grew Up Mad » renoue avec une énergie brute. Votre évolution a-t-elle modifié votre approche de cette intensité ?

Ce texte a été nourri par l’écoute d’une interview politique. Il traite de la construction de soi dans la rancœur, l’aigreur et le refus obstiné de se remettre en question. C’est une réflexion sur la souffrance qui forge certains parcours.

Entre « Not Too Late » et « Silence », l’album prône une émancipation forte. S’agit-il d’un exercice de résilience personnelle ?

Les deux. Il n’est jamais trop tard pour changer, malgré le jugement souvent violent du tribunal des réseaux sociaux. Choisir la lumière a un prix, mais cette décision de changer reste une possibilité accessible à chacun, à tout moment.

Quel territoire explorerez-vous désormais pour la suite de cette « nouvelle ère » ?

Les relations humaines restent un sujet inépuisable. La société a tendance à souligner le négatif, mais il existe des actes incroyables qui méritent d’être mis en pleine lumière.

Céline Dehédin

Le 11/03/2027 au 6Mic – Aix-en-Provence (13) et le 12/03/2027 à Paloma – Nîmes (30).

Site officiel de l’artiste : facebook.com/skiptheuse

📸 Skip The Use par Nicko Guihal.

#NouvelleVagueZoom #SkipTheUse

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