L’album « Sirocco » célèbre les 30 ans des Hurlements d’Léo avec un retour aux méthodes d’écriture d’antan, où Laurent et Erwan composent ensemble dans un esprit de complicité et de liberté. Le neuvième album du groupe de rock français mélange éclectisme musical et collaborations fortes.
Je suis ravi de pouvoir échanger avec toi pour la sortie du nouvel album des Hurlements, « Sirocco », un album qui célèbre les 30 ans de carrière du groupe.
Exactement nous allons fêter les 30 ans cette année.
Qu’est ce que tu te dis quand tu regardes dans le rétroviseur ?
Une certaine fierté d’être toujours là.
L’album sort pour la première fois chez le label At(h)ome, un album qui signe aussi ton retour.
Exactement, j’ai fait une pause de sept ans. J’ai quitté l’aventure pour me consacrer au groupe Wallace que j’ai monté. J’avais besoin de prendre un peu de recul et je reviens plus motivé que jamais.
Comment se sont passées les retrouvailles avec tes potes et principalement avec ton bicéphale vocal Laurent Kebous.
Là où nous nous sommes beaucoup retrouvés, c’est dans le plaisir de composer ensemble et d’écrire des chansons comme nous le faisions en 1995. C’est à dire lui qui amène une idée, moi qui prolonge sur un autre couplet, nous travaillons à deux sur un refrain. Je crois que c’est vraiment ça qui nous a plu et donc nous signons pas mal de morceaux tous les deux sur « Sirocco ».
Un premier titre est sorti « Il en faudra des soleils ». J’aime beaucoup la phrase « Il en faudra des soleils pour sécher tes larmes et des orages pour laver ta peine ». Comment s’est fait le choix de ce premier titre relativement sombre dans le texte.
Je le trouve plein d’espoir justement, comme quoi nous pouvons avoir des lectures différentes suivant notre ressenti.
Oui il existe une fenêtre sur l’espoir, mais le sujet n’est pas gai au départ.
J’y vois plutôt un truc comme quoi que tu aies fait, il va forcément falloir que tu t’accroches mais que c’est toujours toi qui décide de ton sort, de la fin de l’histoire. Cet album a été écrit par des gens d’une cinquantaine d’années ou pas loin, donc déjà un bon bout de vie. Il y a aussi une sorte de bilan, mais surtout un apaisement. Quand tu reprends les premiers albums, l’écriture est plus torturée. Là, même si nous sentons encore les cicatrices, nous allons vers une forme d’apaisement, en tous cas vers une recherche de cet apaisement.
Des textes tournés plus vers les solutions que vers les problèmes en réalité.
Oui c’est tout à fait ça. Nous cherchons à apporter des solutions après avoir pointé du doigt tous les problèmes.
Un magnifique clip réalisé par Pierre Lebret est aussi en ligne pour habiller ce premier titre. Avez vous un droit de regard ou avez vous fait des propositions en amont sur ce que vous vouliez à l’image ?
Pierre, c’est un compagnon de route de Laurent de longue date. Ça a vraiment été une concertation. Nous avons échangé tous les trois, mais Pierre est arrivé avec une certaine idée. Puis on travaille avec le label At(h)ome, qui est un vrai partenaire. C’est pas que juste des gens qui sortent notre album. Ils font des vrais choix, sur les sorties des titres, sur l’esthétique de la pochette. Nous travaillons vraiment en confiance avec eux. Pareil, nous avons la chance d’avoir retrouver tourneur initial, 3C, qui avaient vraiment développé le groupe à l’époque. C’est grâce à eux que les Hurlements d’Léo ont eu un tel essor il y a quelques années. Et quand aujourd’hui nos partenaires nous disent, nous avons plein de choses à faire etc, nous allons les faire et les développer. Pour un groupe de trente ans de carrière ça fait plaisir, ça prouve qu’il y a encore des choses à faire.
Un album composé de douze titres. La façon de travailler a-t-elle été différente ?
Oui, il y a eu complètement une nouvelle façon de travailler. Sur le précédent album, ceux qui apportaient une composition avaient le retour de tout le monde. Alors que là, même s’il y a eu des échanges, celui qui était à l’origine de la proposition avait le dernier mot sur l’esthétique du morceau. Cela conforte et respecte le choix de celui qui amène le titre.
Musicalement l’album est toujours très varié, beaucoup d’influences, ce qui est vraiment votre marque de fabrique.
Oui, c’est la patte des Hurlements. C’est ce que j’aime avec ce groupe, la totale liberté, un champ des possibles complètement ouvert. Quand nous sommes tous les neuf en répétitions, nous faisons vraiment ce que nous voulons. Nous nous nourrissons de ce que nous pouvons entendre et aimer. Nos propositions sont juste des clins d’œil à ces influences. Notre marque de fabrique c’est l’éclectisme de nos propositions musicales.
Pour rentrer un peu plus dans le détail, j’ai relevé deux titres qui m’ont particulièrement plu, « d’autres rêves » qui ouvre ses portes vers l’optimisme malgré son approche très Mano Solo dans le texte, avec le message de se relever à tout prix.
Absolument. Il est dans la continuité du premier titre dont nous avons parlé tout à l’heure. C’est un peu « tiens bon dans la tempête car elle finit par passer ». C’est plus ou moins long suivant nos peines, mais quoiqu’il arrive ça passe un jour.
Le second c’est « Matador », qui parle de ces amours perdus, mais qui sont toujours omniprésents.
« Matador » c’est typiquement un titre que je ne pouvais faire qu’avec les Hurlements, autant dans le propos que dans la musique. Quand j’ai fait « Matador », j’ai vraiment voulu revenir aux racines de la création des Hurlements, des textes sombres sur des musiques enjouées.
Votre exutoire principal c’est la scène. Pour vous avoir vu en concert, j’ai pu constater que vous étiez clairement un groupe de scène. J’imagine que vous avez hâte de transformer ces retrouvailles en tournée.
Clairement. C’est la scène qui nous a fait, que ce soit dans la rue, dans une salle de concert ou en festival. J’ai appris à jouer en faisant des concerts avec les Hurlements. Avant je ne savais pas, je connaissais trois accords, maintenant j’en connais six, j’ai progressé. (rires) Au fil du temps nous avons appris à apprécier le studio. Nous espérons tourner le plus longtemps possible bien entendu. Nous devons encore travailler sur l’adaptation de certains nouveaux titres pour le live et revoir certains anciens morceaux. Histoire de retrouver une douce nostalgie et de faire plaisir au public qui vient pour découvrir le nouvel album mais aussi et surtout pour entendre nos titres devenus incontournables comme « Le café des jours heureux ».
Franck Inizan
Le 15/11/2025 à La Moba – Bagnols-sur-Cèze (30)
📸 Les Hurlements D’Léo par Pierre Wetzel.
#NVmagZoom #LesHurlementsDLeo










