LADANIVA

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Ce duo franco-arménien qu’est Ladaniva est à découvrir. Même si la musique du monde est absente de vos playlists, leurs styles et personnalités risque de vous y ouvrir. Pas besoin d’être initié, juste savoir apprécier les belles choses. Nous avons pu assister à leur concert à Saint-Raphaël et nous nous sommes régalés. Nous les avons ainsi rencontrés.

Ladaniva, il vient d’où ce nom ? 

C’est la marque d’une voiture tout terrain soviétique. A l’époque, on a choisi ce nom pour rigoler. Aujourd’hui, on le porte toujours et ça nous fait rire. 

Qui de vous deux à découvert ce nom ? 

Jacqueline : Je connaissais déjà cette voiture, car elle est très répandue dans les pays soviétiques et en Arménie.

Louis : Mon père avait cette voiture quand j’étais petit et le père de Jacqueline aussi. Quand on s’en est rendu compte, on s’est dit, allez, on garde. 

Vous vous êtes rencontré lors d’une jam-session, qui a remarqué l’autre en premier ? 

J : C’est moi qui l’ai remarqué en premier, parce qu’il est grand et ne pouvait pas paraître invisible dans le petit bar de Lille. Il était déjà en train de jouer, et je venais de découvrir le mot jam. Ensuite, ce fut mon tour de chanter et il m’a remarqué. 

Louis qu’as-tu ressenti quand tu l’as vu chanter ? 

L: Je l’ai vu sur scène avec sa présence, son charisme, et une voix extraordinaire. À l’époque, je cherchais tout le temps des chanteuses pour des projets jazz entre autres. Je me suis dit, c’est une belle artiste de scène, et qu’elle avait tout ce qu’il fallait. Dans ce contexte jazz, je l’ai entendu chanter en anglais. J’étais convaincue. Mais c’est devenu encore évident quand je l’ai entendu chanter en arménien quelques semaines plus tard. 

Jacqueline, on sent que vous aimez la scène quand on vous voit en concert. Vous attendiez-vous à cette sensation avant de la découvrir ? 

J : Oui, j’aime ça, mais c’est venu au fur et à mesure, car les premières fois, c’est plutôt stressant. Ça n’a plus rien à voir avec la façon dont je gère mon stress aujourd’hui. Le trac est toujours là, mais tout va bien. Très souvent, je fais monter des enfants sur scène. La communauté arménienne qui nous écoute beaucoup vient assister à nos concerts avec leurs enfants. Cela me fait plaisir, car on se dit super, c’est la nouvelle génération qui peut-être se souviendra d’avoir vu Ladaniva sur scène. Même quand je ne suis pas bien ce partage me fait aller mieux. 

Louis, ton amour pour la trompette, comment est-il né ? 

L : Ma mère qui était musicienne-pianiste m’a demandé de choisir un instrument quand j’étais petit. Je ne sais plus ce qui a fait que j’ai choisi la trompette, mais c’est un instrument que j’ai appris à aimer. Très vite, on m’a offert les albums de Louis Armstrong. Ayant le même prénom, cet instrument m’a parlé très vite quand j’étais tout petit. 

Pendant le COVID, vous avez publié 2 vidéos qui ont eu vite du succès. Comment avez-vous vécu la chose ? Vous ne vous y attendiez pas ? 

J : Au début, on faisait des petites vidéos avec des copains sur les rochers et on s’est vite aperçus que les gens y portaient beaucoup d’intérêt. La communauté arménienne a partagé de partout, même sur les chaînes de télé. On a donc envie de créer quelque chose nous-mêmes. On était à la Réunion est cela à donner : “Vay Aman”. Les tourneurs et médias français se sont intéressés à nous. Puis Kef Chiellini a été encore plus loin. C’était pendant le confinement, donc on ne voyait personne, que des chiffres qui explosent. On se demandait qui étaient tous ces gens-là qui reprenaient nos chansons dans des vidéos. C’était incroyable. 

L : Le confinement nous a permis de travailler plus les morceaux, car avant, on était tout le temps sur les routes entre 2 concerts. On sait donc poser et créer des contenus pour Internet, comme beaucoup d’artistes. 

Jacqueline, vous continuez à donner vos cours de chant ? 

J : Non, je n’ai plus le temps. Par contre, je garde de très beaux souvenirs de mes élèves qui apprennent et s’investissent grâce à mes astuces. J’avais des montées d’adrénaline devant leurs réussites. 

Sur votre album, il y a une chanson magnifique en français : je t’aime tellement, vous nous en parlez tous les 2 ? 

J : Je laisse parler Louis, car c’est sa création. 

L : Je n’ai pas écrit beaucoup de chansons dans ma vie. Pour celle-ci, j’ai composé la musique et les paroles. Je les compte sur les doigts de ma main, et celles dont j’en suis fière encore moins. Celle-ci en fait partie, j’avoue que j’ai trouvé un truc. C’est un réel bonheur de voir Jacqueline l’interpréter et lui donner cette dimension extraordinaire. 

Niveau chant justement, ça te change non ? 

L : Oui, c’est un challenge de redescendre. D’habitude, c’est tellement technique et aigu, que là, j’avais du mal. J’en ai toujours pendant le concert, il faut utiliser la voix en parlant, et puis la mélodie fait très chanson française, donc oui, pour moi, c’est un autre exercice. On a l’impression que les chansons de Brassens par exemple, c’est facile, mais non, on a les petits écarts d’intervalles à gérer. 

Tu parlais de Brassens, quelles sont vos inspirations diverses ? 

J : Je ne remarque même pas de quoi je m’inspire ! Des amis avec qui on joue, des rencontres, des petites vidéos qui passent sur Internet peut-être ? 

L : On capte quand même que tu as beaucoup regardé Bollywood quand tu étais petite, que tu as fait de la danse arménienne. 

J : Oui, les danses m’inspirent beaucoup surtout le traditionnelles avec leurs costumes et leurs couleurs, et puis les percussions de la musique aussi. 

L : Quand j’étais petit, j’écoutais beaucoup de musique classique par le biais de ma mère.

J : Bon, je vais parler à sa place, comme ça, chacun parle de l’autre (rire). Louis à beaucoup voyagé dans sa vie, et dès qu’il arrive dans un nouvel endroit et qu’il voit une personne jouer de quelque chose, il s’assoie à côté d’elle et s’y intéresse. Il adore les jam-sessions avec les autres. De cette façon, il a découvert et échangé avec plein de musiciens différents. 

Question à la con de Valérie : c’est quoi votre voiture préférée ? 

J : Je n’ai pas le choix Lada Niva. À vrai dire, je n’en ai pas, je n’ai même pas le permis !

L : Tu aimes surtout les vieilles voitures, comme les Jigouli. 

J : Oui, c’est vrai, les vieilles voitures comme les Jigouli et Lada, mais plates et colorées, pas les 4×4. Les nouvelles voitures n’ont aucun intérêt pour moi. 

L : Un peu, la même chose pour moi. Ma voiture, c’est une Peugeot 406 grise et je l’adore.

Valérie Loy

facebook.com/ladanivayaman

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