JULIETTE ARMANET

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Zoom Juliette Armanet

En quelques années, Juliette Armanet est devenue une des chanteuses françaises les plus populaires. Un succès qui ne devrait pas s’arrêter avec la sortie de son dernier album “Brûler le feu”. Rencontre avec la nouvelle star de la pop française. 

Bonjour Juliette, en premier lieu j’aimerais que tu nous expliques le titre de ton nouvel album « Brûler le feu » ?

Alors si je devais expliquer le titre de l’album, la notion de brûler le feu, c’était déjà un peu une espèce de petit haïku, comme un petit poème un peu mi-surréaliste, mi-drôle ou bien mi-intime. Et à la fois un peu comme un mantra, pour parler d’une forme d’éloge du désir un peu comme un slogan d’insurrection amoureuse, alors c’est un peu « Flower Power » mais version hard rock.

Dans cet album on entend les sonorités qui font écho à des artistes qui peuvent t’inspirer. Quel impact ont tes influences dans ton travail ?

A vrai dire ce qui est beau dans la musique c’est qu’on est toujours un peu dans une espèce d’énorme fluide, on est toujours l’héritier d’énormément de mélodies qui nous émeuvent et que l’on porte en soi presque inconsciemment. J’ai beaucoup écouté de musique, de Chopin à Ophélie Winter. Donc dans ce disque je pense qu’il y a beaucoup de fantômes qui planent au-dessus. Des fantômes de gens que j’adore même si j’espère que ce disque est singulier et qu’il me ressemble. 

Dans ce disque, on entend pleinement ton coffre de voix. Est-ce que tu travailles ta technique vocale au quotidien ?

Non non pas du tout, je bois du vin rouge ! [rires]. A vrai dire, je pense que ce disque a été fait avec beaucoup de désir. Sur cet album la musique a été un peu comme une bouée de sauvetage, c’était vraiment nécessaire pour moi de faire de la musique quotidiennement. J’avais des choses à dire, des choses à sortir, qui étaient assez viscérales. C’est pour ça que ma voix, par moment, s’envole comme ça. Un peu dans les hauteurs, parfois elle est presque au bord de de l’éclatement. Je pense aussi que la tournée m’a beaucoup ouverte intérieurement. Aujourd’hui, j’ai 200 dates dans les pattes et la confiance que me donne le public m’a aidé à m’épanouir et à travailler ma technique vocale. 

La scène et le live t’ont appris à mieux affirmer ta voix ? 

Oui bien sûr, je pense qu’à partir du moment où tu commences à sentir qu’il y a quelqu’un, qu’il y a un public réceptif, que tes chansons sont entendues cela donne énormément d’assise, de confiance. Et puis la voix, elle avance, elle raconte aussi ce qu’il se passe dans nos vies intimes. C’est beau le trajet d’une voix, parce qu’elle raconte ce que l’on est, ce que l’on vit et ce que l’on dit.

Il y a beaucoup d’intimité dans tes textes, tu parles d’ailleurs souvent d’amour. Pour toi c’est le sujet le plus important dans ta création ?

En tout cas, c’est un sujet qui m’obsède, m’intrigue et me permet de me remettre en question sans cesse. Donc c’est sans doute le moteur de beaucoup de mes réflexions sur le monde, sur moi-même. J’ai l’impression que c’est un sentiment sans cesse en mouvement. Je crois que je ne pourrais jamais vraiment parler d’autres choses. Mais je pense aussi que notre époque a besoin de ça, de ne pas renoncer aux chansons d’amour. Quand j’ai fait le disque, il y avait le Covid, je me disais « mais est-ce qu’on a encore le droit de parler d’amour ? » et à vrai dire j’ai l’impression que c’était plus que jamais la chose à faire.

Tu pourrais m’expliquer un peu comment s’est déroulé l’enregistrement de l’album ?

Je compose toute seule. Pour écrire cet album, et j’ai énormément travaillé, cherché, exploré, je me suis perdue, j’ai acheté des logiciels dans tous les sens. J’avais besoin d’être un peu comme ça, dans un grand laboratoire de recherche. Et puis je me suis entourée de producteurs qui étaient dans les mêmes grilles d’accords que moi et d’autres qui sont venus accidenter ma musique, ou en tous cas l’amener dans des contrées différentes. 

Ton inspiration pour les textes te vient seulement de la musique ou tu t’inspires aussi de littérature, de poésie, ou autres ?

Bien sûr, tout m’inspire. Récemment j’ai vu un film qui m’a beaucoup marqué « Ascenseur pour l’échafaud » de Louis Malle avec la BO de Miles Davis qui est absolument extraordinaire. La bande-dessinée m’inspire aussi. J’essaye de rester alerte. Mais la vie aussi est super inspirante, tout dépend de la manière dont on la regarde. Quand on travaille ou même quand on se balade, un paysage, une lumière, le visage de quelqu’un, une conversation avec un ami… Toutes ces petites choses peuvent être aussi inspirantes qu’un livre.

Depuis des années on a eu un renouveau de la scène musicale française. Les artistes féminines n’ont peut-être jamais été aussi présentes. On pense à Pomme, Clara Luciani, Claire Laffut, Angèle ou toi. Comment analyses-tu ce phénomène ?

Les artistes femmes prennent de plus en plus de place et c’est tant mieux. Parce que celles dont tu as parlé sont avant tout talentueuses et ont des choses à dire. Il y a aussi pas mal de soutien entre nous, même si l’on est dans une industrie très compétitive, il y a beaucoup de bienveillance et c’est très agréable. 

Si tu devais réellement vivre l’amour solitaire sur la plage qu’est-ce que tu emporterais avec toi ? 

Une grosse plaquette de chocolat, beaucoup de chocolat pour le réconfort !

Romanne Canavese

Le 22/01/2022 à Paloma – Nîmes (30), le 29/01/2022 à 6MIC – Aix-en-Provence (13), le 08/03/2022 au Cepac Silo – Marseille (13) et le 22/03/2022 au Théâtre Anthéa – Antibes (06).

www.juliettearmanet.store

 

 

 

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