JOSS STONE

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Pour son 8ème album studio et déjà 19 ans de carrière, la prodigieusement soulful Joss Stone s’offre les services du légendaire Dave Stewart d’Eurythmics, avec qui elle avait déjà collaboré, pour co-produire avec elle ce tout nouveau « Never Forget My Love », enregistré à Nashville où elle réside désormais. Simple, humble, amicale, généreuse et surtout débordante de sincérité.

En 2003, ton premier single « Fell In Love With A Boy » a été un succès instantané. Rétrospectivement, qu’est-ce qui, d’après toi, a suscité une réponse aussi immédiate ?

Oh, je ne savais pas vraiment ce qui se passait à l’époque. Je veux dire, j’avais 14 ans quand j’ai été signée, puis environ 16 ans, je crois, quand c’est sorti. Je n’ai jamais eu d’autre travail de ma vie, donc je n’ai pas d’élément de comparaison. Je crois bien que je me contentais de déambuler dans la vie. Je trouvais ça un peu fou et excitant, mais je n’étais qu’une gosse vivant dans l’instant présent, essayant de chanter du mieux que je pouvais, et surtout juste (rires). C’était un peu mon objectif principal.

Ton 2ème album a été co-produit par Betty Wright, le 3ème par Raphael Saadiq, le 4ème par lui également ainsi que Phil Ramone. Comment as-tu fait pour que de tels artistes acceptent de produire tes disques ?

Je ne sais pas ! Je suppose qu’ils ont juste aimé la façon dont je chante ! (rires) Je pense que dans cette vie, si tu ne demandes pas, tu n’obtiens rien, donc il faut demander. Et puis, j’appréciais leur musique et ce qu’ils faisaient. En général, quand on a un certain standard ou style en commun, les gens se rapprochent, non ? Si tu te soucies vraiment de ta musique, tu trouveras d’autres personnes qui s’en soucient vraiment également.

Ton 5ème album s’appelle curieusement « LP1 », ce titre signifiait-il un nouveau départ ?

La raison pour laquelle nous l’avons appelé « LP1 », c’est parce que lorsque j’ai quitté le label EMI, dans l’accord qu’ils ont structuré pour me laisser partir, il y avait beaucoup de choses,. L’une d’entre elles était qu’ils devaient prendre l’argent des deux albums suivants que j’ai sortis de mon côté, c’était donc presque comme si ces albums étaient pour EMI. C’est pourquoi je l’ai appelé « LP1 », parce qu’ils les avaient décrits en tant que « LP1 » et « LP2 ». Donc oui, c’était vraiment ça, comme si c’était pour eux…

En 2015, « Water For Your Soul » semble avoir été une production plus intimiste impliquant moins de personnel que d’habitude…

Ah non. Plus ! Que veux-tu dire ? Il y en avait bien plus !

Ah non. Il y en a beaucoup moins !

Non, c’était beaucoup plus ! Mais je pense que ce que tu veux dire, c’est qu’aucun d’entre eux n’était célèbre.

Ah oui, c’est ce que je voulais dire. (rires)

Ouais, je comprends (rires). Non, il y avait beaucoup plus de musiciens de toutes les différentes parties du monde et tout ça. Mais oui, ils n’étaient pas aussi connus…

…et surprenamment pour ce que tu fais d’habitude, cet album est sorti en version remixée en 2019. Tu as choisi ces remixes toi-même ?

Oui, c’est moi !

Tu as donc un quelconque intérêt pour la musique électronique ?

Oh oui ! J’adore ça, oui ! Je veux dire, je n’y connais pas grand chose, mais en même temps, je ne connais pas grand-chose à la musique soul non plus. Je ne m’y connais pas vraiment en musique, j’en fais juste.

Franchement, on n’en a pas l’impression étant donné la musique que tu fais…

Non, je sais ! On dirait que je sais ce que je fais, n’est-ce pas ? Mais non, pas du tout. (rires) Je ne connais pas vraiment l’histoire des styles musicaux, je fais juste des bruits et j’espère que ça va bien sonner. Mais oui, avec la musique électronique, je suis complètement paumée. J’ai l’impression que la musique soul va avec tout, tu sais. Si tu es sincère dans ce que tu chantes, tu peux le mettre sur n’importe quoi. Aussi, j’aime impliquer des gens qui ne s’impliqueraient pas normalement. Comme tu le dis, sur les premiers disques, c’était presque comme un regroupement de stars, et comme je m’étais libérée de mon label, ça n’avait plus besoin d’en être un. Ça pouvait simplement être des êtres humains qui font de la musique. Alors j’ai décidé, pour le remix de cet album, de me dire « Voyons voir s’il y a des producteurs qui aimeraient remixer mon album… » J’ai juste mis ça sur Facebook, j’ai dit: « Hé, quelqu’un veut s’y essayer ? ». Donc, j’ai passé beaucoup de temps, des semaines et des semaines, à écouter de très nombreuses versions différentes des chansons et j’ai juste choisi celles que j’aimais le plus. C’est vraiment difficile de choisir en fait, il y a tellement de gens talentueux qui traînent dans leur chambre, qui sont juste incroyables, et personne ne le sait. J’ai donc pensé que c’était une chose vraiment amusante à faire et j’espère que les gens qui y ont participé ont aimé faire ça aussi. Donc c’était super. Et maintenant, des gens l’entendent tout le temps. C’était amusant, juste amusant.

Ton dernier album est sorti il ​​y a quelques mois. Il a été enregistré à Nashville, Tennessee. C’est de là que tu opères désormais ?

Oui, c’est là que je suis.

Dave Stewart est maintenant le seul à la production, tu n’en fais apparemment pas partie…

Je pense que c’est comme ça que c’est crédité, tu sais, mais bien sûr que j’en fais partie. J’y suis tous les jours ! (rires) C’est juste la façon dont c’est écrit sur le truc. Mais euh, non, Dave est putain d’incroyable ! Je ne sais pas comment on pourrait s’embrouiller avec Dave, il est génial ! Il faut lui foutre la paix et le laisser faire son truc. Il est incroyable. Alors oui, tout ce que nous faisons, c’est une collaboration, tu sais. J’aime bien travailler avec lui. C’est une bonne personne. C’est vraiment une bonne âme. Il a de supers idées…

Et il a un nouvel album, « Ebony McQueen », qui vient de sortir…

Mais oui ! Et aussi un label : « Bay Street Records ». C’est aussi quelque chose qui est assez nouveau pour lui, vraiment. Donc, oui, c’est excitant. J’ai bien envie d’entendre ce qu’il en ressort ! Il y a un artiste qui s’appelle Otto qu’il vient de signer et que personne ne connaît. Il vaut la peine qu’on y prête attention ! Il est vraiment bon. Je ne connais pas son nom de famille mais il a une très belle voix. Je ne sais pas quand ce disque sortira mais j’espère bientôt.

Tu sembles être très attachée à la manière traditionnelle d’enregistrer et de sortir des albums. Tu ne te sens pas un peu déconnectée de la façon dont les disques sont faits et enregistrés de nos jours ?

Oh que si ! Je veux dire, je ne fais que ce que je sais faire, je suppose, et je travaille avec des gens qui ont toujours fait ça aussi. Ce n’est pas comme si j’entrais en studio avec, genre, des jeunes de 20 ans. Là, je rentre en studio avec des gens avec qui je travaille depuis des années. Et tu sais, David [Stewart] faisait déjà des disques bien avant que je puisse en faire. Nous avons donc une sorte de méthode qui est très: « Salut tout le monde, réunissez-vous et jouez de la musique. Et enregistrons cette musique. Et puis mixons cette musique, puis masterisons-la. » Aussi simple que ça. C’est très simple.

Et toute l’idée de faire un seul single et pas un album, ça ne me dérange pas de faire ça comme un truc ponctuel sans lendemain, je pense que c’est assez amusant à faire, surtout si j’ai du temps libre. Tu peux juste te dire, « Tiens, c’est cool, non ? Une chanson au hasard. » Mais c’est aussi sympa de faire un album. Tu sais, les gens qui écoutent mes disques depuis que je suis petite, ils s’attendent à un album, alors que les gens qui commencent peut-être à n’écouter mes disques que maintenant, ça ne les dérange pas vraiment, ils se disent juste « tiens, un single », parce qu’ils sont habitués à ça. Donc ça dépend vraiment des gens. Moi, en tant qu’artiste, j’essaie de m’assurer que mes auditeurs soient heureux, tu sais ? (rires) C’est un peu le but. Je fais de la musique pour eux donc je ne veux pas les décevoir avec un demi-album, je veux leur donner un album complet, et puis je ne veux pas non plus les ennuyer en ne sortant pas assez de trucs régulièrement, ce qui est quelque chose que je n’ai jamais fait. Donc, tu sais, il faut en quelque sorte trouver l’équilibre et faire autant de musique que possible.

Que pouvons-nous attendre de ta prochaine tournée ?

Pour la tournée, je vais juste jouer quelques vieilles chansons et quelques nouvelles. Donc, l’album que j’ai fait avec Dave Stewart, « Never Forget My Love », je jouerai certaines de ces chansons, et je jouerai certains des classiques, tu sais, comme « Super Duper Love » et « Right To Be Wrong » et « You Had Me » et des choses comme ça. Pour être honnête, je ne fais pas vraiment de setlist, je vois juste comment le public se sent et ensuite je choisis les chansons en fonction d’eux, donc, s’ils sont très calmes et très réservés, alors il se peut que je fasse plus de ballades. S’ils veulent danser, je ferai des choses plus entraînantes. Je leur donne juste ce qu’ils veulent.

Tu as donc autant de latitude pour improviser et passer d’une chanson à l’autre ?

Oh oui !

Et en termes de mise en scène ?

Ce sera juste un groupe. Seulement nous. Simple et sans artifice.

Christopher Mathieu

Le 03/072022, dans le cadre du Mouratoglou Festival, au Mouratoglou Hôtel & Resort – Biot (06).

www.jossstone.com

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