Le 28/02/2026 au Théâtre Lino Ventura – Nice (06).
Deux groupes, deux chanteuses et compositrices pour une soirée consacrée à la musique orientale dans ce beau théâtre Lino Ventura. Une nouvelle formation pour Syna Awel, un trio acoustique avec Lucky Luc à la guitare et Mahir Bostandzija aux percussions. Un (trop) court set de cinq titres dans lesquelles Sina Awel se réapproprie, comme elle nous l’explique, ses origines berbères. Elle chante en Kabyle mais aussi quelques paroles en français et en anglais, la musique et la langue n’ont pas de frontière dans le cœur des spectateurs. Emportées par l’enthousiasme et le rythme des percussions, certaines descendent danser avec de profonds déhanchés devant la scène. Une valse pour commencer, les trois temps ponctués par la derbouka, le conte de l’âne Ari et pour conclure, l’une des plus belles du répertoire de Syna, « Mazel, Mazel » avec ses beaux arpèges de guitares et le solo façon oud. Tout le monde est debout, pas de rappel mais un court retour des quelques mesures. Bendir en l’air, grand sourire aux lèvres, la chanteuse et ses compagnons quitte la salle.



Après un court entracte pendant lequel les techniciens du théâtre s’affairent avec virtuosité et efficacité, le quartet de Natacha Atlas prend place. Au fond, derrière sa batterie, la très jeune Isabella Matthews et derrière ses claviers Elie Dufour (il est aussi le pianiste et compositeur de l’excellent trio EYM). Au-devant de la scène, le violoniste Samy Bishai et au centre Natacha Atlas cachée derrière des lunettes de soleil. Ambiance plus électrique, plus électro. On change aussi de langue en passant du kabyle à l’arabe. C’est Samy Bishai qui fait le Monsieur Loyal, en présentant les morceaux et en nous expliquant ce qu’ils racontent en français avec parfois des mots d’anglais ou d’arabe, langage qu’une bonne partie du public comprend. On a la chance d’avoir en avant-première les nouvelles compositions du prochain album du groupe. Un projet nommé « Parallel Universe – Volume 1 », laissant présager un vol.2 ! Natacha Atlas a un chant assez posé qui contraste avec l’énergie du violon électrique dont Samy Bishai joue dans ses chorus avec une pédale wahwah et une belle distorsion de façon très hendrixienne ou psychédélique. S’il fait un beau travail avec ses synthés, on aurait tout de même bien aimé entendre Elie Dufour sur un piano acoustique qui mettrai bien en valeur la finesse et la créativité de son jeu. La belle surprise, la découverte de la soirée est la batteuse anglaise Isabella Matthews. A peine plus de 18 ans et déjà une technique et une force de frappe exceptionnelle. Le tom basse s’en souvient surement ! Une des grands moments du concert est la chanson qu’ils ont dédié à La Palestine et ses habitants. Résilience ! La chanteuse emprunte le kéfié du claviériste et le brandit en mode résistance !
as de fausse sortie, le rappel est bien sûr, comme très souvent dans les concerts du groupe, la reprise orientalisée du tube de Françoise Hardy « Mon amie la rose ».
Crois, celui qui peut croire
Moi, j’ai besoin d’espoir
Sinon, je ne suis rien
Les danseuses dénouent foulard de leurs hanches et regagnent leurs places puis le théâtre se vide.
Jacques Lerognon














