Le 25/04/2025 au Théâtre La Cuisine – Nice (06)
Sur la scène: une actrice, cinq acteurs. Quatre guitares, une basse, un piano, deux claviers, une batterie et un trombone. Et Serge, tout le temps, partout ! Le décor carrelage blanc et noir, paravent japonais, canapé biplace, est inspiré de la maison de Gainsbourg et une radio qui zonzonne. Les acteurs sont aussi chanteurs et musiciens. Ce n’est pas un concert, ni une pièce de théâtre, encore moins du cabaret mais un spectacle où les mots, les notes, les voix nous entrainent dans l’intime du compositeur-poète-génie qu’était Serge Gainsbourg, avant tout humain écorché vif. Stéphane Varupenne, Benjamin Lavernhe, Sébastien Pouderoux, Noam Morgensztern, Yoann Gasiorowski et Marie Oppert, pensionnaires et sociétaires de la Comédie sont, tout à tour et parfois à la fois, Serge et un peu Jane. Gainsbourg, Gainsbarre, l’Homme à la tête de chou, le provocateur, le tendre, le désespéré côtoient le compositeur, l’amoureux de Bardot ou le poinçonneur des Lilas.
Savamment mis en scène, des morceaux d’interviews s’instillent entre deux chansons que l’on connait tous que l’on voudrait chanter ou siffloter si on n’était au théâtre. « Les sucettes à l’anis » chanté avec beaucoup de malice a capella. « Black Trombone » est accompagné à la guitare et au…trombone. Laetitia –(L.a.e dans l’a.ti.tia) revient en leitmotiv. Et, quand ils chantent « Je suis venu te dire que je m’en vais », ils quittent un à un le plateau laissant une cigarette se consumer dans un cendrier. « La javanaise », « Variations sur Marilou », « Initials B.B » et même une hilarante version de « Mon Légionnaire », jusqu’au final façon doo wap avec une étonnante performance vocale de Marie Pozzet. On a chacun dans la tête « son Gainsbourg » mais quel merveilleux moment se fut de partager celui de cette bande d’amis qui nous raconte leur Serge. Irrévérencieux, tendre et poétique. Et diablement intelligent.
Jacques Lerognon










