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JAZZ à JUAN (Soir 7)

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Le 14/07/24 à la Pinède Gould – Juan-les-Pins (06)

C’est une longue et belle soirée qui attend les spectateurs de la pinède Gould en ce 14 juillet. Pas moins de quatre sets sont prévus et, en prime, le feu d’artifice sur la mer.

C’est la pianiste japonaise Saki Ozawa qui à 19h30 s’installe derrière le Steinway, accompagnée par Thomas Bramerie : contrebasse et Franck Agulhon : batterie. Robe blanche, grand sourire nimbé de soleil elle joue un jazz très classique mais qui swingue allégrement Ces deux compères lui tissent une rythmique haut de gamme (ils n’ont répété ensemble que quelques heures). Pendant 50 minutes à peine, elle égrène les morceaux de son premier album Cheers!  En finissant par un très beau blues aussi bleu que le ciel. Une belle découverte, on la retrouvera surement sur les scènes des festivals européens dans les années qui viennent.

Rapide changement de plateau pour accueillir à 20h30 le big band du trompettiste chinois Li Xiaochuan. Peu connu dans nos contrées c’est parait-il une star dans les clubs de son pays. À ses côtes, la vibraphoniste Chu Chu, le pianiste Zhu Mang, le saxophoniste Reny Bao, ainsi qu’un guitariste et un batteur. Plus tard, ils seront rejoints par une section de trois trompettes. Du beau jazz créatif et très bien arrangé. Le leader ne monopolise pas les solos. Le guitariste nous offre un super chorus sur le titre « Harvest » (rien à voir avec Neil Young).   Reny Bao surprend beaucoup de monde en jouant d’un tout petit saxophone, un sopranino en Mib mais quand il embouche le ténor, il prend des accents coltraniens. Là encore, une belle découverte et la preuve que le jazz n’a pas de frontière.

Ça y est la nuit est tombée quand les cinq musiciens du projet Poetic Ways, initié par Raphael Imbert prend place sur la scène. La chanteuse Célia Kameni, la batteuse Anne Paceo, le contrebassiste Pierre Fénichel et le pianiste Pierre-François Blanchard et le leader saxophoniste vont nous faire voyager dans un monde où la poésie vient des voix, des sons et même des images suggérées par leur interprétation. Du vieux spiritual « He’s Got the Whole World in His Hands » à ‘Spirits Rejoice », une version freejazz de La Marseillaise qu’avait créé Albert Ayler en y mêlant la mélodie de « Mon Beau Sapin ». Une interprétation qui en a surpris plus d’un, Imbert joue à la fois du ténor et du soprano, mais réjoui beaucoup d’autres. Nous sommes restés médusés par Célia Kameni quand elle chante « Les Marquises » de Jacques Brel. On a pu voir frissonner une grande partie du public. Raphaël Imbert tombe la veste passe au sax soprano. Il reste encore quelques morceaux, Pierre-François Blanchard prend une longue intro sur le Steinway avant que les autres le rejoignent pour un final de toute beauté où la chanteuse retrouve ses origines dans un chant qui oscille entre scat et chant tribal camerounais. Sur la dernière note les premières fusées du feu d’artifices éclatent mais c’est bel et ben sur la scène qu’a jailli le plus beaux de ces feux: ceux de Poetic Ways.


Les techniciens travaillent à la frontale pour installer le prochain plateau alors que des « oh la belle rouge, oh la belle bleue » retentissent dans le ciel.


Le bouquet final à peine achevé, on découvre l’ Original Pinettes Brass Band sous les sunlights. Sept jeunes femmes venues tout droit de la Nouvelle Orléans dans une tenue éclatante et colorées tout comme leur musique d’ailleurs.  A la grosse caisse, un jeune homme bat la mesure. De la musique New Orleans d’aujourd’hui, à la tradition des fanfares de Louisiane se mêlent les effluves de hiphop. Soubassophone, trompette, trombone, saxophone, percussions et le flow du rap harmonieusement imbriqués Le jazz n’a ni frontière dans l’espace, ni frontière dans le temps.    


Jacques Lerognon

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