Le 11/07/2025 à La Pinède Gould – Antibes-Juan-les-Pins (06).
Cette deuxième soirée à Jazz à Juan est consacrée au jazz vocal avec deux fidèles du festival, la chanteuse américaine Dianne Reeves et le tourbillon britannique Jamie Cullum.
Voilà plus de 20 ans que Dianne Reeves n’a pas foulé la scène de la Pinède Gould. Elle revient avec un beau quartet (très masculin) pour l’accompagner. John Beasley est au piano, Chico Pinheiro à la guitare, Reuben Rogers alterne basse électrique et contrebasse, Terreon Gully est aux baguettes. Pendant une heure, tantôt debout, tantôt assise sur son tabouret haut, la chanteuse va parcourir son large répertoire (elle chante en professionnelle depuis 1982). De la ballade lente au scat le plus dynamique. « Beautiful life » de son dernier album à « Lazy Afternoon ». Sa voix est tour à tour chaleureuse, langoureuse, éclatante. Elle impressionne par sa technique et surtout par sa liberté d’interprétation. La communion avec le public est totale. Sa robe orangée fait une rude concurrence au soleil qui commence à descendre dans la baie derrière la scène.



On a espéré un rappel mais les horaires sont serrés à Juan et la mise en place du plateau pour le second set est entamée par l’équipe technique très rapidement dès la sortie du groupe. Il n’est pas encore 22h, En costume noir, Jamie Cullum apparait sur la scène sous une ovation du public. Son groupe s’installe en ligne, en bord de scène pour une intro vocale, en acoustique, simplement rythmée par la contrebasse de Loz Garratt. Un début déroutant pour le chanteur dont la réputation de vivacité n’est plus à faire. Mais rejoignant le piano en bondissant, micro en main, Cullum rassure vite les spectateurs, non on ne l’a pas changé. C’est un public de fans, ils entament les chansons avant même le chanteur, dès le premier accord au piano. Un show de Jamie Cullum est un spectacle vivant, il ne s’arrête jamais, sauf pour enlever la veste puis la chemise un peu plus tard, arborant un très beau t-shirt blanc. Il passe du jazz à la pop en mettant un peu de rock. Les deux choristes Aisha Stuart et Marc Henderson donnent la petite touche rhythm’n’blues sur un « What’d I say » très enlevé. Le guitariste Tom Varrall nous gratifie de très beaux solos. Vite les spectateurs sont debout, certains même se rapprochent de la scène et dansent ce qui créé quelques sueurs froides aux personnels de la sécurité quand Cullum quitte cette scène pour fouler le sol de la pinède, serrant des mains tout en continuant de chanter. Retour au piano pour un spécial request, ils nous jouent » Ev’rybody Wants To Be A Cat », le swing des Aristochats, avec trompette bouchée et contrebasse. En piano solo, « I’m Singing in the Rain » suivi plus tard de deux thèmes en trio piano, contrebasse, batterie dont » I Get a Kick Out of You » de Cole Porter. Il est aussi très convaincant en mode jazz tranquille. Le groupe revient, le rythme s’accélère, il emprunte les congas au saxophoniste -percussionniste Tom Richards. Voilà presque deux heures qu’il chante, l’heure du rappel arrive, il y en aura deux.



Jacques Lerognon

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