JAZZ A JUAN: KENNY BARRON ALLSTARS 4ET & AVISHAI COHEN TRIO

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LIVEREPORT-Jazz-à-Juan

Le 09/07/21 à la Pinède Gould –Juan-les-Pins (06)

Il a fallu patienter un an, mais il a bien lieu ce 60e Jazz à Juan.
Un petit peu de tristesse pour commencer, le public rend hommage par des applaudissements à Jean-René Palacio, le directeur artistique, récemment décédé. Certains d’entre nous y associent par la pensée Daniel Chauvet qui ne sera pas non plus à ce « Juan ». Mais la musique reprend vite sa place avec l’arrivée sur scène du All Stars quartet de Kenny Barron. Steve Nelson au vibraphone, tout devant, duotte avec son leader. Un peu en arrière, Peter Washington à la contrebasse et Jonathan Blake à la batterie font plus qu’assurer la rythmique. Quelle puissance, quel swing ! Barron nous rappelle que la dernière fois qu’il est monté sur cette scène c’était avec Stan Getz en…1990!
Le groupe enchaînera les standards période bop, en commençant par « How Deep Is The Ocean » pour passer à du Monk ou du Dizzie Gillespie et finir par un « Softly As A Morning » façon Sonny Rolllins. Avec quelques malices dans la voix Kenny Barron nous dit « quand on est pianiste classique on doit savoir jouer « Moonlight Sonata » et quand on joue du jazz, c’est « Body & Soul » que l’on doit connaitre« . Et sur ce, il nous en donne sa vision personnelle.

Changement de total de style pour la seconde partie. Le nouveau trio d’Avishai Cohen. Le contrebassiste est accompagné par le pianiste azéri Elchin Shirinov et la batteuse israélienne Roni Kaspi, encore étudiante de la prestigieuse Berklee College of Music. Dès les premières mesures le ravissement est total. Quelle musicalité, quelles émotions. Là, pas de standards, que des nouvelles compositions pour la plupart inédites en disque. Avishai Cohen est très peu disert, sobre, pas de chant ou de basse électrique. Il se concentre sur sa contrebasse, son jeu à la fois technique et habité. Les thèmes sont toujours à l’orée du jazz et de la musique orientale avec quelques impressions de « classique » surtout dues au jeu très expressif, parfois même romantique du pianiste. (Un futur grand, à n’en point douter. Mais la vraie découverte la soirée, c’est Roni Kaspi. Très à l’aise, malgré son jeu âge, sur cette scène mythique. Une grande sensibilité, pas d’esbroufe mais une remarquable présence que son leader semble apprécier autant que nous.

Pas de doute: Le jazz a bel et bien fait son retour dans la Pinède Gould!

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