Le 06/03/2026 à l’Espace Grappelli – Nice (06).
A deux jours de la journée des droits des femmes, l’équipe de l’Espace Grappelli a choisi de présenter une soirée 100% féminine, avec pas moins de 3 groupes. Huit musiciennes, poétesses, chanteuses. Aurore Illien s’installe derrière le piano avec à ses côtés Chloé Hammond à la clarinette (elle a longtemps joué avec Anne Sylvestre). Des chansons tantôt sérieuses, tantôt drôles, comme si Barbara côtoyait Juliette le temps d’un set. Sa chanson « #MeToo » est d’un humour cinglant alors que son évocation syncopée des peintres Turner et Hopper nous plonge dans un étrange bleu. En fin de set, l’humeur se fait plus sérieuse, on retrouve un peu le thème de la soirée avec un texte qui dit « habituez-vous à la colère des femmes. Habituez-vous cela ne fait que commencer… ». La voix douce et la clarinette mélancolique de Chloé Hammond l’accompagne en un contrepoint malicieux.


Transition idéale pour accueillir Edwige Fourcou du duo BeauAime. Un premier poème, dit, slammé, propulsé avec douceur et fermeté. Une lettre à sa grand-mère qui a combattu l’hydre noire du fascisme, elle lui annonce qu’ils sont de retour. Edwige met des mots simples sur des maux que l’on connait, elle les souligne avec son phrasé rageur comme on le ferait avec un feutre fluorescent sur un papier. On serait dans la lointaine Amérique, on écrirait qu’elle fait du talkin’ blues, relayant de ses phrases, de ses vers, les troubles du monde d’aujourd’hui. Sans donner de leçon, juste : réveillez-vous les gars, les filles. La poésie vient aussi des sonorités envoutantes -bien que métalliques- du handpan joué par Claire Nicolet. Les mains frappent, effleurent, caressent le steeldrum. Ces notes enrobent les mots. Les mots percutent les notes. Edwige et Claire nous embarquent dans leur univers qui revendique et qui aime.


Changement radical d’ambiance pour le dernier groupe, le piano et la hang font place aux guitares, basse et batterie. On passe en mode rock’n’roll avec quatre musiciennes dynamiques et déjantées, Les French Kiss. Des couleurs, du glamour et de la distorsion. Nadia Scaillet et Elodie Siffert aux six-cordes, Ruth Lévy-Benseft à la basse électrique et Cécile Cohen aux baguettes et percussions. Leur répertoire intègre leurs propres compos et quelques classiques pop-rock de la chanson française en commençant par une version revitalisée de « La mouche » de Polnareff en passant par un rigolo « Toi mon toit» écrit dans les années 80 par Elli Medeiros (le glamour vous dis-je) et bien sûr les immanquables Téléphone et les inévitables Rita Mitsouko. Solo à la wahwah de Nadia assise (Hendrix en a rêvé). Basse qui vrombit dans les mains de Ruth. Cécile triture sa caisse claire tout en donnant de la voix. Déhanché midinette mais riff d’enfer sur guitare avec bigsby d’Elodie cachée derrière des lunettes violettes. « Barbie fait du rock » nous chantent-elles et elle a bien raison. La bonne humeur a envahi la salle, pour peu certaines se lèveraient pour danser. Il va être temps de finir. Les huit artistes sont réunies pour un « Couleur café » enthousiaste et chaloupé.
On vous dit à l’année prochaine Mesdames et entre temps dans les salles et scènes de la région !
Jacques Lerognon
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📸 Beau Aime par Jacques Lerognon.














