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PEILLON JAZZ FESTIVAL (Jours 3 & 4)

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Les 06 et 07/07/2025 sur la Place Arnulf – Peillon (06).

Jour 3 :
Le vent balaye les feuilles mortes de la place Arnulf mais le public est déjà nombreux pour les trois sets de cette soirée dominicale du Peillon Jazz Festival. Un trio, un duo et un quartet vont se succéder sur la scène où s’affaire encore des techniques peaufinant les réglages du son. Thomas Layrac qui troque sa casquette d’organisateur pour celle de pianiste. Il nous propose un voyage immobile au cœur de ses inspirations musicales. Gilles Triquenot est tour à tour à la basse ou à la contrebasse, Thierry Chausse à la batterie. L’accordéoniste Thierry Faure rejoint le trio pour quelques titres. Thomas Layrac consacre deux compositions à sa petite fille qui est la plus belle du monde, dit-il. Le trio devenu quartet se transforme, pour le rappel, en quintet avec l’arrivée de Baptiste Herbin et son sax alto. La soirée ne pouvait pas mieux commencer.

Nouvelle déclinaison du projet « Elles » où la chanteuse Youn Sun Nah rend hommage aux femmes, aux voix de femme qui l’ont inspirée et transportée. Elle est, ce soir, en duo avec le claviériste et Bojan Z (claviers). Elle commence, seule avec son petit kalimba, à susurrer « Feeleing good », cet hymne musical de la défense des droits civiques aux États-Unis, popularisé par Nina Simone. Bojan Z éclaire cette mélopée de quelques notes sur le Rhodes. « Cocoon » de Bjork et  » I’ve Seen That Face Before » adapté du « Libertango » d’Astor Piazzolla pour Grace Jones. Plus tard, c’est Bojan Z qui utilise le magnifique Bosendorfer comme instrument de percussion frappant d’une main sur le capot et de l’autre directement sur les cordes sur un scat énergique de Youn Sun Nah. La vesion de « White Rabbit » de Grace Slick (du Jefferson Airplane) est un des grands moments du set. La fin du set arrive avec « Just Sometimes » de Norma Winstone, On eut aimé qu’il dure plus longtemps mais une troisième partie nous attend.

Changement de genre complet:  un trio de jazz manouche avec deux maitres de la guitare: Yannis Constans et Stochelo Rosenberg. Ils sont accompagnés par le contrebassiste Vincent Hemery et bientôt rejoint par la violoniste Aurore Voilqué qui avait séduit le public de Peillon lors de la précédente édition. Les deux guitaristes rivalisent de virtuosité. Le violon s’immisce parfaitement entre les deux alors que –comme souvent dans la musique manouche – la contrebasse impassible assure une impeccable cadence. Aurore Voilqué prend le micro pour nous interpréter un « Que reste-t-il de nos amours » dont le swing contraste avec la tristesse des paroles de Charles Trenet. Les morceaux s’enchaînent, les cordes vibrent sous les doigts ou sous l’archet jusqu’à la venue de l’invité surprise, Baptiste Herbin, cette fois-ci avec son sax soprano qui se glisse avec délice dans ce festival de cordes.

Jour 4 :
Ce lundi est la dernière soirée de 5e Peillon Jazz Festival qui nous a déjà grisé. Trois étapes, du jazz des années 70 ( Jean-Luc Ponty « seventies », du manouche sans guitare « Django » et un hommage à un cher disparu Sylvain Luc célébration). François Arnaud, violoniste bien connu dans la région, a souhaité rendre hommage à son aîné Jean-Luc Ponty en reprenant une partie de son répertoire des années 70. Une belle équipe azuréenne l’accompagne Éric Sempé à la guitare, Philippe Cocogne aux claviers, Jean-Marc Jafet à la basse et Cédric Le Donne à la batterie.  Jazz-rock vintage, des thèmes qui swinguent, un autre qui s’apparente à de la country (mais survitaminé) et même une incursion dans le psychédélique. Les musiciens prennent manifestement beaucoup de plaisir à faire cette musique et nous à l’écouter. Le violoniste duotte avec le piano ou le synthé, fait deux ou trois petites joutes -manche à manche- avec le guitariste, Le bassiste se faufile à un moment pour faire son solo (et quel solo). Le batteur (sans se départir de son fameux sourire) maintient tout ce joli monde en place et en rythme.

Retour du jazz manouche avec le projet Django du saxophoniste Baptiste Herbin. Il démontre, une nouvelle fois, que son idée de jouer du Django Reinhardt sans guitare tient parfaitement la route surtout avec des arrangements aussi bien conçus et une paire rythmique d’exception: Sylvain Romano est à la contrebasse et, le parrain du festival, André Ceccarelli à la batterie. Il reprend les baguettes pour la première fois depuis qu’il s’est cassé le pied au mois de janvier. Il a monté ses cymbales, réglé son tabouret. Il empoigne ses balais, un chic, chic, chac sur la caisse claire, un sourire éclaire son visage, la musique est la plus forte! Baptiste Herbin utilise parfois le solo de guitare comme thème, pour un autre, Djangology Herbinilogué, il insère un thème de Django dans sa propre composition. En final, Tea For Two revisité et son désormais fameux solo à deux saxophones -alto et soprano- embouchés en même temps, performance et virtuosité.

Le public en redemande mais les techniciens son et lumière doivent préparer le plateau pour l’hommage que le festival a souhaité rendre à Sylvain Luc en invitant sa femme et quelques-uns de ses amis à faire de la musique car c’est ce qui importait à Sylvain. C’est Marylise Luc Florid qui vient, seule devant la scène, avec sa guitare, débuter cette célébration avec le deuxième mouvement d’une sonate que lui avait écrit son compagnon. Il y a de l’émotion et de la tristesse mais là encore, la musique est la plus forte ! Thierry Eliez s’installe entre le piano et le Rhodes, Stéphane Belmondo rentre avec trompette et bugle, Rémi Vignolo tient la contrebasse alors qu’André Ceccarelli reprend sa place aux baguettes.  Horace Silver a composé le thème, ils le jouent. La nuit semble plus fraîche. Le guitariste Louis Winsberg et l’harmoniciste Olivier Ker Ourio rejoignent le groupe Le batteur niçois Yoann Serra prend la place de son aîné derrière les fûts, la musique continue de plus belle. Marylise Florid revient ensuite pour deux pièces classiques sur lesquelles Sylvain Luc improvisait quand elle jouait. Le groupe joue avec Baptiste Herbin, « Sous le Ciel de Paris » puis un duo très émouvant piano-bugle nous amène vers la fin du concert et du festival…

La fin? Non ! Car Monsieur Le Maire monte sur la scène et annonce à Thomas Layrac et Alban Leloup, les deux directeurs artistiques, ainsi qu’à tout le public que la 6e édition du Peillon Jazz Festival est programmé pour juillet 2026. Un dernier rappel pour fêter cette bonne nouvelle.

Jacques Lerognon

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