DELUXE

0
321

A l’occasion de la sortie du nouvel album de Deluxe, nous avons pu discuter avec Clément, clavier et saxophoniste du groupe electro-pop. Entre écriture introspective, énergie scénique et identité forte, cette nouvelle création célèbre son esprit de famille et son envie de partage. 

Je suis ravi de pouvoir échanger avec toi aujourd’hui pour parler de la genèse de Deluxe et de la sortie de ce nouvel album. Deluxe existe depuis 2007. A l’origine, c’était un groupe de rue sur Aix-en-Provence.

Oui c’est exactement ça, nous étions cinq et jouions dans la rue. Un jour, nous faisions un live devant le Monoprix d’Aix en Provence, et c’est à ce moment-là que nous avons rencontré Lilyboy. Elle s’est arrêtée et nous avons discuté ensemble. Nous étions à un moment où nous voulions enregistrer des titres pour faire un premier album. De là à découlé le titre « Pony ». 

Elle est vraiment arrivée à point nommé.

Tout à fait, c’était la sixième pièce du puzzle qui nous manquait.

Vous n’avez même pas eu besoin de la chercher, elle est venue d’elle-même.

Comme quoi les rencontres c’est souvent comme ça. Il n’y a pas de hasard finalement.

Est-ce que ça a été facile pour chacun de trouver sa place au sein du groupe ? Je sais que les rôles sont très définis mais que chacun donne son avis sur l’ensemble de la gestion du groupe.

Nous sommes toujours à essayer de redéfinir nos places, Nous sommes toujours en évolution. Ce qui n’est pas toujours simple parce que nous sommes six. C’est beaucoup de compromis, il faut mettre le plus souvent possible son égo de côté. Notre relation ne cesse d’évoluer au fil des années, au fil de notre expérience également. C’est ça qui est génial avec ce groupe, cette famille, c’est que nous pouvons tout nous dire. De l’intérieur les possibilités paraissent infinies.

Le mot est bien choisi, j’ai l’impression que Deluxe est une deuxième famille.

Complètement, c’est la famille qu’on a choisi.

Dans votre travail d’écriture et de composition les rôles sont ils définis de la même façon ?

C’est tellement différent à chaque fois. Évidemment, c’est Lilyboy qui écrit la grande majorité des textes, mais derrière on peaufine, on donne nos idées. Nous créons notre histoire ensemble et elle va se retrouver en partie dans les textes de Lily. Nous participons directement ou indirectement aux sujets qui vont être dans les textes. Musicalement, nous composons tous, des fois de nouvelles choses arrivent comme cette année ou Kaya, le bassiste, s’est mit à faire les cordes de l’album, avec violoncelle, contrebasse, alto … nos rôles se redéfinissent à chaque fois finalement.

Le premier album s’appelait « Deluxe Family Show », vous étiez déjà dans le thème de la famille.

Clairement. Nous passions tout notre temps ensemble, et encore plus à cette époque là. Nous partions en vacances ensemble, certains étaient même en coloc.

En 2020, un album « en confinement », le désir de jouer a été plus fort que la pandémie ?

Cet album vient d’audios et de vidéos que nous avions sortis en confinement. C’était une telle perte de repère pendant cette période, que c’était évident pour nous de continuer à faire de la musique ensemble. C’était la première fois depuis les débuts de Deluxe, que nous ne pouvions pas nous voir comme on l’aurait voulu. Ce n’était jamais arrivé. Nous venions juste de commencer notre tournée « Boys and girl », qui a donc été avortée par la force des choses. Nous sommes passés de tout à rien, donc c’était évident pour nous de continuer malgré tout.

Comme Lilyboy, tu as pu lors d’une tournée des Zénith, faire un vol au-dessus du public. Comment as tu vécu ton premier vol ?

C’était impressionnant. En plus au Zénith il y a une grande hauteur sous plafond. À certains moments, je me suis retrouvé à douze mètres de haut. Et là, tu as une vision de la masse des gens et c’est vraiment impressionnant. Et de jouer en l’air comme çà c’est un peu l’apogée et fort en émotions.

Le nouvel album se nomme « Ça fait plaisir ». Ca fait plaisir de revenir ? De rejouer ? De remonter sur scène ?

Tout à la fois. Nous nous rendons vraiment compte à quel point nous aimons faire ce métier. En plus, nous avons plusieurs corps de métier. Nous réalisons nos clips, nous organisons nos tournées, nous avons même maintenant notre festival sur Aix-en-Provence. C’est tellement prenant et passionnant de vivre tout ça, que ça fait plaisir (rires).

Qu’a t il de différent par rapport aux précédent ?

Déjà le fait que Kaya fasse les cordes. Je pense que c’est aussi l’album que nous avons fait où nous avons le plus pris de plaisir. Nous avons su gérer le côté égo, l’écoute de l’autre. Il y a vraiment lâché prise pour moi sur cet album.

Vous n’avez plus rien à vous prouver et avez dû apprendre de vos albums précédents. Vous avez affiné votre façon de travailler ensemble.

Tout à fait. Nous étions vraiment chacun à notre place. Nous avons beaucoup progressé dans notre côté humain et ça change tout, même dans la musique de savoir s’écouter, se parler, se poser les bonnes questions. Je trouve qu’il y a aussi plus de maturité dans les morceaux. Nous avons entièrement mixé l’album.

Quels sont les sujets ou la thématique abordée sur cet album ?

Je crois que c’est une sorte de rétrospective de nous, de nos vies, de nos angoisses, de la parentalité de certains. Ça parle beaucoup de ce qu’on vit et ce qu’on ressent mais à travers Lily comme c’est elle qui écrit. Nous parlons tous beaucoup ensemble, sur tous les sujets possibles. Cela nourrit son écriture et donc nos morceaux.  Et plus nous allons écrire sur nous, plus cela parlera à notre public.

Dans « Michael » il est question de parentalité vu le clip ?

Oui complètement, mais pas seulement. Le titre parle encore une fois de nous tous et de la façon dont nos relations ont su s’adapter en fonction de la parentalité de certains. Nous sommes devenus des tontons et tatas finalement et c’est bien.C’est enrichissant mais cela a aussi chamboulé notre vie à tous. Ça parle aussi de l’horloge biologique et de savoir, vue la conjoncture actuelle, s’il faut ou pas faire des enfants. C’est un sujet complexe, mais pour moi avoir un enfant c’est avoir un espoir.

La symbolique de Deluxe c’est cette fameuse moustache. Comment est-elle venue ?

Tout à fait par hasard en réalité. Soubri a toujours eu une grosse moustache, et un jour on s’est dit qu’on allait tous se laisser pousser la moustache pour aller faire un concert en ville. Ca a vraiment interpellé les gens de voir cinq musiciens avec une moustache. C’est devenu un vrai signe distinctif. Au moment de sortir notre EP « Polishing Peanuts », nous cherchions une pochette d’album, et nous avions du mal à trouver. Jusqu’à ce que Soubri dise « pourquoi ne pas mettre la moustache ? ». Il a fait la moustache qui est en réalité est une « custache », car nous avons mis une fente en haut de la moustache (rires).

Et cela vous permet de pouvoir la décliner sur chaque pochette d’album.

Exactement. Et c’est une belle contrainte en fait. Cela nous permet d’être créatifs. Puis sur scène nous portons la moustache, il y en a eu des lumineuses ou à paillettes par exemple. 

Sur le nouvel album c’est une moustache « eau et feu », une belle opposition. Pourquoi ce choix ?

Parce que pour moi notre maison est en feu, notre Terre est en feu, la politique n’a jamais été aussi compliquée que maintenant. Et le côté eau, parce que ça représente la vie. Dans notre entourage, il y a également pas mal de marins. En fait, on peut y voir plein de choses, chacun peut l’interpréter comme il le veut.

Je sais que la scène est un moment de fête et de partage et que tu ressens fortement les énergies. Tu es très sensible à ça, c’est un vrai terrain de jeu pour toi.

Oui, la scène donne tout son sens à la musique. Faire de la musique chez soi ou en studio c’est bien, mais le but final est de pouvoir la partager avec le public. Il y a vraiment des moments de grâce. Cela nous permet de faire le tour de France, le tour du monde et de partager notre énergie avec celle des gens.

Une tournée à venir avec pas mal de dates.

Oui il y a déjà une cinquantaine de dates et des festivals qui se calent.

Vous avez fait des feat. Avec entre autres -M-, IAM, Oxmo Puccino, quels sont les autres artistes avec qui vous aimeriez collaborer ?

Il y en a plein. Gaël Faye ou Ben Mazué par exemple.

Nous n’avons pas abordé la sonorité musicale de ce nouvel album. Il est très lumineux  je trouve. Il y a toujours des cuivres et nous avons parlé des cordes faites par Kaya, ce qui lui en fait un album solaire et positif.

Oui tout à fait. C’est un peu l’ADN de Deluxe. Sur scène nous aimons bien faire la fête, que les gens dansent. Nous avons composé cet album différemment des autres. Pendant deux ans, nous avons construit les titres de cet album dans les conditions du live. C’est ça la vraie différence de cet album par rapport à ceux d’avant. Nous avons structuré les titres en fonction de ce qui fonctionne en live.

Franck Inizan

Le 07/06/2025, dans le cadre du Id-Ile Festival- sur l’Île de la Barthelasse – Avignon (84), le 10/07/2025, dans le cadre du festival Les Nuits du Sud, sur la Place du Grand Jardin – Vence (06), le 26/07/2025, dans le cadre du festival Hortus Live, au Domaine de l’Hortus – Valflaunès (34), le 08/08/2025, dans le cadre du festival Arty Colors, dans le Parc de la Schappe – Briançon (05), le 13/09/2025, dans le cadre du Super Moustache Festival, à Aix-en-Provence (13), le 14/10/2025, dans le cadre du Nîmes Jazz Métropole Festival, à Nîmes (30), le 31/10/2025 à l’Espace Malraux – Six-Fours-les-Plages (83) et le 22/11/2025, dans le cadre du Monte-Carlo Jazz Festival, à Monaco (98).

Photo : Pilou.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici